Lecture de la semaine

Jour de rentrée: La nichée s’étant envolée dans les classes pour la journée, me voilà seule sur la proue  après le raz de marée de l’été, qui a ondé mes journées de mère attentive.

Le ressac de cette nostalgie atrophie la moindre goulée de positivisme.

Portée par l’angoisse de l’année à venir, les incertitudes et les doutes que mon grand protégé va devoir affronter, je me glisse dans mon bolide citadin pour aller fureter une librairie.

Le remède à coup sûr est le sirop littéraire que je compte avaler à forte dose pour retirer cette pelote de questions qui enflent dans ma gorge.

Le breuvage cette fois ci sera composé de deux éléments:

   Théorème vivant  de Cédric Vilani (éd LLP).

Il s’agit du road trip d’un génie en mathématiques. (en savoir plus)

Oui, oui « mathématiques » vous avez bien lu, et d’autres bizarreries du même nom ont attiré mon attention sur le rayon « mathématique » proche celui de « philosophie ».
C’est le personnage atypique qui m’a d’abord désarçonnée que j’avais envie de côtoyer à travers son texte.
L’apparition pour le moins étrange faite mon écran télévisé un an plus tôt, s’est ancrée dans les replis de ma curiosité.
« Il y a des gens qui sont incapables de s’intéresser à un cours de maths ou qui ne s’intéressent qu’à l’imaginaire de la littérature… » C’est ce que dit F.Busnel dans La Grande Librairie sur France 5:C’est tout le reflet que je m’en faisais de moi même.

Pour ceux qui me connaissent, je ne trouvais rien d’enchanteur dans les mathématiques jusqu’à ce que mon grand protégé en face sa prédilection (j’aurais du m’en douter quand à peine sachant parler il comptait pour s’endormir…)

Rêves oubliés de Léonor de Récondo (éd.Points- coll.Grand romans)
C’est à première vue un récit sur le passé, sur l’exil d’espagnols. D’après le résumé, il ne s’agira pas de douleur nostalgique et je crois pouvoir parier que le titre pourrait être inspiré d’une citation de Paul Eluard « Un rêve sans étoiles est un rêve oublié », « un rêve sans amour est un rêve oublié ».
La fuite, le rêve de réfugiés pour une vie meilleure, ne se fait pas sans amour, c’est ce que me disait ma grand-mère lorsqu’elle me faisait son propre récit de l’exil.
Je voudrais lire dans ces pages non pas le pathos qui figure l’exil, le renoncement mais au contraire, l’ ascensionnelle de l’espoir…