Vieille bique

la-gra10

« La plupart des lecteurs de romans sont des lectrices et je crois moi que si les femmes lisent tant c’est parce qu’elles peuvent entendre ce qui n’est pas dit et qu’elles n’ont jamais peur que les sentiments laissent sur elles ces traces qui existent déjà dans leur coeur. » Frédérique Deghelt

La grand-mère de Jade.

Et voilà je viens de terminer ce livre au titre plus qu’évocateur pour moi. Lorsque j’ai vu cette couverture j’avais l’impression que ce livre contiendrait peut être l’histoire vécue avec ma propre grand-mère, je pensais en lisant ces lignes que j’y retrouverais mon affection,  son autorité et sa douceur….

Mais c’est autre chose que j’y ai lu et si le début est languissant, un peu trop teinté de « hype » de la vie d’une parisienne pourtant discrète. Mais Jade ne me semblait pas au départ si précieuse, si profonde et pourtant au fil des pages on voit en même temps que Mamoune quel dessin de femme commence à se crayonner sur ses attitudes et ses choix.

On vit aussi aux cotés de Mamoune qui se love dans cette nouvelle jeunesse, cette nouvelle vie à travers sa petite fille qui l’a sauvée d’une fin certaine précipitée dans le tiroir des vielles biques malades de leurs passés, dans un mouroir nommé maison de retraite. Ce mot d’ailleurs m’a toujours interrogée, oui « retraite » : comme si on clamait sciemment sans aucune pudeur que l’on retire nos vieux. On les retire de quoi? de nos vies? de nos préoccupations du quotidien? De leur propre vie, comme les vagues se retirent du sable et vont rejoindre l’Océan, on affirme ainsi que l’on laisse voguer nos vieux vers les profondeurs de la mort.

Ce livre, m’a plongée de nouveaux dans ces réflexions là, dans l’affection que je porte à certaines sagesses qui m’ont entourées et celles qui m’entourent encore.

Par  pudeur ou par crainte de souffrir comme dans le passé, je n’ose pas dire aux « très vieux » qui restent combien je les admire, combien j’ai soif de leur expérience et de leur jeunesse pleine de facéties !!!

Jade n’est pas moi, Mamoune n’est pas ma Maminette mais je me suis encore plus transie d’amour face à ces vielles biques qui continuent leur route sans se plaindre de leur corps, et qui racontent leur jeunesse pleine d’erreurs comme nous pauvres trentenaires livrées à nous mêmes…

Encore un livre qui traite de « vieux » à l’instar de « Et puis Paulette » de Barbara Constantine que j’ai tant adoré!

ISBN: 978-2-7427-8039-6