Délice triste

Pour la première fois, je me suis décidée à faire quelque chose de fou, d’impensable pour moi : prendre pour seul critère de lecture le titre.

La couverture était attrayante, un enfant sur la plage de dos, blondinet les cheveux légers comme l’enfance…

Donc pas de lecture de quatrième de couverture, pas de recherches sur l’auteur, juste l’indication du bandeau, il s’agit du prix des Maisons  la presse 2013.

Et là au fil des pages, je m’attache à cette fille, elle est jeune, elle est maman et c’est tout ce qui compte pour elle. Au début, ne connaissant ni le genre, ni l’intrigue j’ai pensé qu’il s’agirait là encore d’un roman fififille, gnangnan et tant banal!

Mais non la délicatesse, la pudeur, le temps suspendu dans l’écriture, la fragilité et le pesé de chaque mot font de ce livre une couverture chaude dans laquelle on veut s’envelopper quand vient l’hiver des petits tracas. On rie , on pleure, on espère, on tremble , on s’horrifie, on a envie de câlins…

Pour laisser tout le suspense  possible, et ne pas dévoiler la couverture de velours, je ne ferais pas d’autres éloges que de dire qu’il s’agit d’un véritable roman de solidarité, que les gens sont « roots » comme dirait mon mari, mais ils sont sincères les uns avec les autres.

Je vous invite à suivre mon chemin et à ne lire qu’après la quatrième de couverture et vous renseigner sur l’auteur.

Moi je dis, chapeau bas l’artiste, bravo Mme Ledig!!

 

 

mai 2013 – 352 pages – EAN13 : 9782226248305 – 19.50 €

 

Billie livre n’est pas génial

Et bien voilà mon premier livre de l’année lu entre le feu de la rentrée, la remise en route sur une nouvelle année pleine d’espoirs.

Je n’ai absolument pas été séduite par ce dernier « bébé » d’ Anna Gavalda !

Comme j’ai été déçue et par le verbe employé  et par le scénario. Car en effet on peut parler de scénario, cela ce déroule sur le bord d’une falaise, la jeune délurée (pauvre fille) Billie se confie à une étoile. L’idée était séduisante surtout quand on a déjà lu du Anna Gavalda et qu’on s’est jetée sur son dernier ouvrage comme on se jetterait sur un doudou oublié pour en respirer à nouveau l’odeur.

Mais rien n’y a fait, même si par trois fois je me suis prise de tendresse pour l’auteur quand j’ai cru voir le lyrisme s’envoler lorsque Franck Mumu dit à Billie : « C’est à la portée de tous de jeter l’anathème su d’autres failles que les siennes, tu le sais? Et je déteste te savoir comme tout le monde ». Mais le langage utilisé, trop vulgaire sur des pages qui auraient dû être un doudou, faussement jeune et faussement issu de la cité. Ça ne colle pas, ce n’est pas crédible, et je n’ai aucune compassion pour cette paumée de Billie. L’exercice de style est honorable, on voudrait bien accorder le bénéfice du doute à l’auteure, attendre la prochaine sortie de son livre en espérant retrouver des personnages consistants, une intrigue autrement orientée qu’ici vers un scénario téléphoné bon pour un feuilleton TV qui aurait fait une réadaptation de « on ne badine pas avec l’amour ».

Car en effet, on à la vague sensation d’avoir été duppés par Anna Gavalda, qui aurait écrit après avoir lu ce classique et avoir eu envie d’en faire une adaptation version grande banalisation.

Le  piège tendu, celui qui n’aurait pas connu la Anna Gavalda créative, empathique, révélatrice de destins originaux avec espièglerie, ne se ruerait certainement pas vers d’autres de ses ouvrages !

 

«Billie», d’Anna Gavalda, Le Dilettante, 222 p., 15 €. ISBN-978-2842637903

 

 

Lecture par curiosité de la semaine

Vu sur La Grande Librairie il y a quelques temps, voilà que je tombe à la bibliothèque la dessus : L’Atelier des Miracles de Valérie Tong Cuong.

Mon âme d’assistante sociale s’est confrontée ici à des destins d’une réalité et d’une banalité absolument fade, horriblement ennuyeuse pour moi.

Serais-je donc trop blasée, habituée au concept des destins cassés?

Mises à part deux ou trois tournures de phrases où l’auteur s’applique à faire jouer les termes sur la participation d’une grammaire acrobatique pour se vouloir facétieuse et charmeuse.

Néanmoins, j’en reste coite, j’ai l’impression de lire des notes de synthèse issue d’une relation de suivi romancée par une assistante sociale, qui a pris des notes avec une extrême empathie, car je ne vois pas énormément d’émotions dans ce livre.

Même si je n’ai pas trouvé ce livre désagréable, j’espère l’oublier très vite car j’ai eu la sensation de perdre mon temps à guetter l’étincelle.

ISBN : 2709642794

InterAllié et Zulma

La bibliothèque de ma commune est décidément pleine de trésors insoupçonnés!

Sans chercher vraiment voici que je rencontre au détour d’un étagère pleine de livres aux teintes blanches ou beiges ce livre.

« Opium poppy » de Hubbert Haddad

Le titre m’amuse: je trouve les sonorités très éclatantes comme une bulle de chewing gum « pop ».

Et là, je lis le résumé…

Rien d’amusant, au contraire, du tragique!

Bien un Roman triste qui se cache sous une couverture colorée, tout l’antagonisme que j’aime.

Les éditions Zulma attirent mon œil de graphiste et mon cœur de littéraire avec leurs couvertures colorées et de motifs variés.

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Ce prix InterAllié 2012 va vraiment me séduire je le sens!

La suite au prochain épisode!!

 

Vieille bique

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« La plupart des lecteurs de romans sont des lectrices et je crois moi que si les femmes lisent tant c’est parce qu’elles peuvent entendre ce qui n’est pas dit et qu’elles n’ont jamais peur que les sentiments laissent sur elles ces traces qui existent déjà dans leur coeur. » Frédérique Deghelt

La grand-mère de Jade.

Et voilà je viens de terminer ce livre au titre plus qu’évocateur pour moi. Lorsque j’ai vu cette couverture j’avais l’impression que ce livre contiendrait peut être l’histoire vécue avec ma propre grand-mère, je pensais en lisant ces lignes que j’y retrouverais mon affection,  son autorité et sa douceur….

Mais c’est autre chose que j’y ai lu et si le début est languissant, un peu trop teinté de « hype » de la vie d’une parisienne pourtant discrète. Mais Jade ne me semblait pas au départ si précieuse, si profonde et pourtant au fil des pages on voit en même temps que Mamoune quel dessin de femme commence à se crayonner sur ses attitudes et ses choix.

On vit aussi aux cotés de Mamoune qui se love dans cette nouvelle jeunesse, cette nouvelle vie à travers sa petite fille qui l’a sauvée d’une fin certaine précipitée dans le tiroir des vielles biques malades de leurs passés, dans un mouroir nommé maison de retraite. Ce mot d’ailleurs m’a toujours interrogée, oui « retraite » : comme si on clamait sciemment sans aucune pudeur que l’on retire nos vieux. On les retire de quoi? de nos vies? de nos préoccupations du quotidien? De leur propre vie, comme les vagues se retirent du sable et vont rejoindre l’Océan, on affirme ainsi que l’on laisse voguer nos vieux vers les profondeurs de la mort.

Ce livre, m’a plongée de nouveaux dans ces réflexions là, dans l’affection que je porte à certaines sagesses qui m’ont entourées et celles qui m’entourent encore.

Par  pudeur ou par crainte de souffrir comme dans le passé, je n’ose pas dire aux « très vieux » qui restent combien je les admire, combien j’ai soif de leur expérience et de leur jeunesse pleine de facéties !!!

Jade n’est pas moi, Mamoune n’est pas ma Maminette mais je me suis encore plus transie d’amour face à ces vielles biques qui continuent leur route sans se plaindre de leur corps, et qui racontent leur jeunesse pleine d’erreurs comme nous pauvres trentenaires livrées à nous mêmes…

Encore un livre qui traite de « vieux » à l’instar de « Et puis Paulette » de Barbara Constantine que j’ai tant adoré!

ISBN: 978-2-7427-8039-6

 

 

Long Week End

Non ce n’est pas ce qui nous attends encore mais plutôt le titre d’un livre que j’ai lu le printemps dernier et qui m’a vraiment plu, plongée dans un huis clos où bizarrement je ne me suis pas sentie enfermée. j’ai plutôt été portée par le suspense et l’espoir!

Mon mari me dit que si je n’avait pas grandi je serai encore au pays des Bisounours et bien là j’ai voulu croire qu’un de ces personnages allait se transformer et faire apparaitre de son petit bedon « the » pouvoir magique qui allait régler toute cette histoire et bien…

Et bien il faut lire le livre pour connaitre la chute ou bien regarder l’adaptation cinématographique prévue pour début 2014 comme nous le dévoile un de mes éditeurs favoris 10-18!

Et oui encore un livre adapté au cinéma!

 

 

Lecture de la semaine

Jour de rentrée: La nichée s’étant envolée dans les classes pour la journée, me voilà seule sur la proue  après le raz de marée de l’été, qui a ondé mes journées de mère attentive.

Le ressac de cette nostalgie atrophie la moindre goulée de positivisme.

Portée par l’angoisse de l’année à venir, les incertitudes et les doutes que mon grand protégé va devoir affronter, je me glisse dans mon bolide citadin pour aller fureter une librairie.

Le remède à coup sûr est le sirop littéraire que je compte avaler à forte dose pour retirer cette pelote de questions qui enflent dans ma gorge.

Le breuvage cette fois ci sera composé de deux éléments:

   Théorème vivant  de Cédric Vilani (éd LLP).

Il s’agit du road trip d’un génie en mathématiques. (en savoir plus)

Oui, oui « mathématiques » vous avez bien lu, et d’autres bizarreries du même nom ont attiré mon attention sur le rayon « mathématique » proche celui de « philosophie ».
C’est le personnage atypique qui m’a d’abord désarçonnée que j’avais envie de côtoyer à travers son texte.
L’apparition pour le moins étrange faite mon écran télévisé un an plus tôt, s’est ancrée dans les replis de ma curiosité.
« Il y a des gens qui sont incapables de s’intéresser à un cours de maths ou qui ne s’intéressent qu’à l’imaginaire de la littérature… » C’est ce que dit F.Busnel dans La Grande Librairie sur France 5:C’est tout le reflet que je m’en faisais de moi même.

Pour ceux qui me connaissent, je ne trouvais rien d’enchanteur dans les mathématiques jusqu’à ce que mon grand protégé en face sa prédilection (j’aurais du m’en douter quand à peine sachant parler il comptait pour s’endormir…)

Rêves oubliés de Léonor de Récondo (éd.Points- coll.Grand romans)
C’est à première vue un récit sur le passé, sur l’exil d’espagnols. D’après le résumé, il ne s’agira pas de douleur nostalgique et je crois pouvoir parier que le titre pourrait être inspiré d’une citation de Paul Eluard « Un rêve sans étoiles est un rêve oublié », « un rêve sans amour est un rêve oublié ».
La fuite, le rêve de réfugiés pour une vie meilleure, ne se fait pas sans amour, c’est ce que me disait ma grand-mère lorsqu’elle me faisait son propre récit de l’exil.
Je voudrais lire dans ces pages non pas le pathos qui figure l’exil, le renoncement mais au contraire, l’ ascensionnelle de l’espoir…